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Au
Vieux Bruxelles était un restaurant de moules à
l'aura quasiment mythique.
Il a fermé un jour ses portes, au grand désespoir
de ses habitués.
Le volet est resté clos pendant plusieurs années
et voilà qu'il réapparaît, rafraîchi
et adapté aux habitudes du dîneur d'aujourd'hui (cuisine
déplacée en sous-sol, ventilation, etc.).
A part cela, rien ne change dans la tradition de la maison : des
bonnes moules et frites, des bons steaks et la fameuse crêpe
caramélisée aux pommes en dessert.
Il ne se passe plus un jour sans qu'on aille brûler un cierge
à l'Église Saint-Boniface pour remercier le Tout-Puissant
d'avoir permis cette résurrection.
ZONE
02 (édition août 2004)
A
l'heure ou une bonne part des restaurants qui ouvrent leurs portes
en notre capitale se concentrent sur le choix des rideaux et des
décolletés des serveurses, il est encore des demi-fous
qui parient sur la tradition et la continuité. Et ça,
c'est tant mieux !
Afficher
fièrement des escargots de Bourgogne en suggestion sur
sa devanture et le faire dans le quartier branché de la
place Saint-Boniface ça frôle le pied de nez aux
voisins...
L'endroit
se niche sur un coin et se veut un des plus vieux établissements
de la capitale. A regarder le décor (la façade en
dit aussi long que l'intérieur) de plus près, on
n'a pas de mal à le croire. Murs patinés, miroirs,
plaques émaillées, rideaux en vichy et vieilles
photos côtoient tables et banquettes lissées et cirées
par le temps.
Même
les serveurs semblent être là depuis toujours avec
leurs légers accents zwanzants qui répondent au
chuintement de la vieille machine à café.
La
carte joue les préparations classiques du temps ou Bruxelles
rêvait de monsieur en gibus dans des omnibus et autres zwaveries
du genre. Ici, vous dégusterez du stoemp, des croquettes
aux crevettes, des moules (et des bonnes !) avec des frites coupées
dans la maison et autres grands classiques tout droit sortis des
meilleures casseroles des brasseries belges. Côté
cave, la carte vous propose quelques flacons qui se marieront
joliment avec votre assiette. Mais n'hésitez pas à
opter pour un bon verre de houblon. Après tout, vous êtes
déjà en pleine belgitude... Ca zwanze grave chez
Saint-Boniface !
THE
BULLETIN (édition octobre 2004)
(Traduit
de l'anglais)
Une
nouvelle vie pour un vieux favoris
Après
des mois d'angoisse, les amateurs de bonne nourriture au coeur
d'Ixelles peuvent se soulager. Au Vieux Bruxelles est de retour
dans les affaires, avec le même personnel joyeux et offrant
les mêmes spécialités belges dignes de confiance
pour sa clientèle fidèle et toujours jeune.
La
brasserie, entourée du quartier africain de Matongue et
le Saint Boniface à la mode, a servi des moules-frites,
de tendres steaks ainsi que de succulents rognons depuis 1882
- avant les voitures motorisées ou même le telephone.
L'année
dernière, le restaurant ferma ses portes sans explications
- et non pas pour la première fois - en laissant languir
les fidèles, sans savoir si ces minces volets bruns se
relèveraient un jour. L'ancien propriétaire avait
été dérangé et très mécontent,
il décida de renoncer et de vendre le restaurant.
Cela
a pris plusieurs mois avant qu'il ne change d'idée, mais
le plaisir de revenir est le plus grand de tous. La particularité
des nappes vichy, ls murs boisés, les miroirs anciens et
les peintures à l'huile présentent le décor
de fond immuable digne de Jean Gabin. Une peinture suréelle
représentant une foule de religieuses avec un paquet de
frites en main devant le restaurant illuminé est suspendue
à côté de la porte et décore la page
d'acceuil du nouveau site internet du restaurant. (www.auvieuxbruxelles.com)
Le
menu a changé un peu, mais en tant qu'un hommage à
la modernité, un carpaccio de boeuf parsemmé de
copeaux de parmesan se place incongrûment entre les autres
entrées : escargots ou moules au beurre à l'ail,
croquettes de crevettes maison, salade frisée avec des
cubes de lard et des croutons.
La
sole meunière à la table à côté
ainsi que le copieux vol-au-vent et les carbonnades de boeuf à
la gueuze semblaient délicieux. Les moules au vin blanc
étaient exquises, tut autant que les rognons dans une riche
sauce moutarde et crème. Les frites étant coupées
à l'ancienne et parfaitement frites. Les autres sauces
servies avec les moules comptaient la curry, la beue cheese, l'estragon,
la provençale, la sauce à l'ail et, biensûr,
la sauce à la bière.
Au
Vieux Bruxelles est raisonnablement tarifié : les entrées
vont de 9 euros à 13 euros, les plats de 14 euros pour
un généreux américain frites à 22,50
euros pour un filet pur de boeuf accompagné de sa sauce
poivre vert. Le prix des moules se situe dans les alentours de
19 euros. Les desserts comprennent les crêpes flambées
au Grand Marnier et une splendide et onctueuse mousse au chocolat.
La spécialité de la maison - crêpe à
la pomme caramélisée - a été retirée
du menu. Peut-être donnait-elle trop de travail aux dentistes
du coin.
Comme
cela arrive si souvent en Belgique, la carte des vins est innécessairement
chère, mais le vin de la maison a constitué un parfait
accompagnement pour les moules. Un dimanche midi pour quatre coûte
120 euros. Espérons qu'il vive 120 ans de plus !
Paul
Taylor (The Bulletin)
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